Enlevé début février dans le nord du pays, le curé de la paroisse de Karku a été relâché sain et sauf. Si le diocèse de Kafanchan se réjouit de ce dénouement, l’inquiétude demeure pour les dix fidèles kidnappés avec lui, ainsi que pour deux autres prêtres toujours captifs.
Le Père Nathaniel Asuwaye est enfin libre. Enlevé le 7 février 2026 dans l’État de Kaduna, le prêtre catholique a été relâché après plus de quatre-vingt-dix jours de détention. C’est le diocèse de Kafanchan qui a officialisé la nouvelle via un communiqué de son chancelier, le Père Jacob Shanet.
« Le Père Nathaniel, libéré sain et sauf, reçoit désormais les soins nécessaires. Son état de santé est stable, il est de bonne humeur et il vous remercie pour vos prières », indique le communiqué, qui attribue ce dénouement à la ferveur des prières collectives intensifiées durant le mois de mai.
Le curé de la paroisse de la Sainte-Trinité avait été capturé lors d’un raid nocturne particulièrement violent mené par des hommes armés contre son presbytère à Karku (zone de Kaura). Cette attaque, révélatrice de la profonde instabilité de la région, avait coûté la vie à trois personnes et fait plusieurs blessés. Dix paroissiens avaient également été kidnappés ce jour-là ; à ce jour, les autorités n’ont fourni aucune information quant à leur sort.
Si cette libération apporte un soulagement temporaire, elle met en lumière le climat de terreur auquel font face les communautés chrétiennes dans le nord du Nigéria. Les chefs religieux et leurs fidèles sont devenus des cibles privilégiées pour les gangs armés spécialisés dans les enlèvements contre rançon.
Actuellement, au moins deux autres ecclésiastiques manquent toujours à l’appel :
- Le Père Joseph Igweagu (diocèse d’Aguleri), kidnappé en octobre 2022.
- Le Père Emmanuel Ezema (diocèse de Zaria), enlevé en décembre 2025.
Face à cette insécurité endémique, l’Église locale continue d’interpeller les autorités et de dénoncer l’escalade de la violence qui frappe la région.